L’individualité… et l’altérité

Dès la naissance, l’enfant construit son individualité dans sa relation aux autres.
C’est cette relation aux autres qui est le moteur dynamique de cette construction.
Et sans cette relation aux autres, il ne peut se développer.

Les autres, les adultes, et d’abord ses parents, sont le référent sur lequel il s’appuie pour s’établir, pour établir la réalité de son individualité.
Tous les éléments de sa personnalité se construisent dans l’interaction de sa relation aux autres.
L’autre, les autres, sont la source où l’enfant en construction puise les éléments de sa personnalité.
S’il n’avait pas les autres en référence, il ne pourrait donner de réalité à son individualité :
Sans les autres, son individualité n’existerait pas…
Sans les autres, « il » n’existerait pas.

Cette réalité de l’individualité humaine va à l’encontre de l’idée « naturelle » (ou naturaliste) de l’humanité.
L’idée que l’homme est naturellement bon, mais que la société le pervertit, est absurde :
– L’humain n’existe que dans sa société, sans elle, il ne peut pas exister.

Autrement dit, l’individualité est un rapport à la société, c’est à dire un rapport aux autres.
C’est à dire donc, connaître ou comprendre l’individualité de quelqu’un…, c’est connaître ou comprendre, sa relation à la société, aux autres.
Appréhender l’individualité de quelqu’un en elle-même, sans appréhender sa relation aux autres, est absurde, puisque sans ces autres, elle ne pourrait exister.

Mais il ne faut pas se tromper : ce ne sont pas les autres qui construisent l’individualité.
C’est l’individu lui-même qui dès sa naissance, construit son individualité dans son rapport aux autres.
Il la construit en fonction de ce que ces autres, la société, et d’abord ses parents, lui renvoient :
– Le considèrent-ils comme un égal ?  Ou non ?
– Le considèrent-ils légitime ? Par lui-même, sans justification…  Ou non ?
– Le considèrent-ils libre ? À priori, même s’il n’est qu’un nouveau-né ?  Ou non ?

L’attitude générale des « autres », et d’abord de ses parents, sera la base sur laquelle le nouveau-né devra obligatoirement s’appuyer…
Les sentiments sont secondaires, sauf en ce qu’ils renseignent sur l’égalité, la légitimité, la liberté… qui lui sont reconnues, ou pas.

Parce que ces 3 qualités : égalité, légitimité et liberté, sont les instruments socialisants, de la construction de l’individualité.
D’abord, la liberté et la légitimité se rejoignent pour reconnaître à l’enfant la responsabilité de sa personnalité : ces liberté et légitimité lui sont reconnues (pas accordées), ou non.
Si elles lui sont reconnues, il pourra assumer la responsabilité de lui-même, de sa personnalité, de ses actes…
Si elles lui sont refusées : alors quelqu’un d’autre assumera la responsabilité de lui-même, à sa place, il devra obéir : il restera irresponsable.
L’égalité vient ensuite confirmer à l’enfant qu’il partage une même identité avec tous, que sa responsabilité individuelle est le lot commun.
Ainsi, l’égalité confirme l’exigence de sa responsabilité… dont sa liberté et sa légitimité l’avaient déjà informé.

Dès la naissance, on est soi dans son rapport aux autres.
C’est par l’altérité que se construit l’individualité.

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