Ma lassitude de la vacuité des programmes d’été

Je suis las, c’est vrai, des interminables programmes d’été des médias. Les vacances sont l’occasion de changer de rythme de vie, les médias en profitent pour éditer des séries d’émissions ou d’articles sur des sujets, des évènements ou des personnages qui ont compté dans le passé et dont on se souvient plus ou moins, en les associant souvent en série pour en faire peut-être des traits de civilisation d’époques… Ils sont la plupart du temps passionnants. Il n’empêche que la longueur du temps de ces vacances produit une nostalgie qui nous fait vivre dans le passé plutôt que dans le présent vers l’avenir.

Lorsque j’étais encore en activité professionnelle, j’étais ravi de partir en vacances et tout aussi ravi d’en revenir. J’étais ravi de partir pour la découverte de nouveaux lieux, de nouveaux rythmes, rencontres, regards… Mais en vacances on est passif, on regarde et on profite : ça va un moment ! Et il me tardait de me remettre au travail, car la réalité de la vie et du monde se construit en travaillant. Voilà : quand elles se prolongent trop, les vacances me donnent le sentiment d’être hors de la vie, hors de la réalité du monde. Et je n’aime pas ça.

Les vacances sont nécessaires pour changer de regard sur notre vie quotidienne, pour avoir un autre point de vue distancié, ce qui permet peut-être de l’analyser. Mais elles ne doivent pas être trop longues pour ne pas être une fuite qui rendrait plus difficile le retour au réel.
France-Culture prend ses quartiers d’été pendant deux mois, Le Monde un peu moins, mais son « Festival » prolonge cet état d’esprit et il dure plusieurs mois. Pourtant ce festival est plutôt un essai de projection et de réflexion vers l’avenir à partir de l’analyse des états du présent. Mais situé en été prolongeant les vacances, il apparaît comme une activité de vacances : vacante ? Vide ? Vaine ? C’est effectivement un travail de réflexion et de projection, on devrait donc le situer dans la période active, comme un travail qui féconderait l’activité ordinaire.
Pendant les périodes d’activité, les médias ont facilement tendance à faire du buzz sur des sujets d’actualité pas forcément insignifiants, mais la focalisation de tous les médias leur donnent beaucoup plus d’importance qu’ils n’en ont en réalité : introduire ce festival dans cette période – de travail mais aussi d’emballement superficiel – serait plus adéquat que dans la période de vacances.

Comme tous les médias agissent de concert, cette période de vacances trop longue m’est pénible. Vivement la rentrée !

Jean-Pierre Bernajuzan

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